#107

Que ce passera t-il, maintenant ?

Les deux mois de cet été s'écouleront-ils avec cette lenteur infinie et cette sourde douleur, lorsque, comme cette après-midi, je suis partie sans un regard en arrière ? Serait-ce encore ces regards de loin, ces sourires crispés, ces ½illades assassines... ? Allons nous encore brasser de l'air, pisser dans un violon, jusqu'à ce que le temps s'écoule et ne nous laisse plus que le vague souvenir d'un dernier jour de classe ?

Mon avis reste le même, nous allons nous éloigner, c'est d'ailleurs déjà fait. Il n'y avait plus délires, plus de trips communs, il restait quelques bandes, désormais il y aura en plus la distance. Cette distance qui a fait que, pendant une quinzaine de minutes, nous sommes restées aux regards en coin, sans même se dire bonjour, à ne pas parler, à attendre l'autre. Tout, tout est terminé. On l'a su au moment même où l'on s'est retrouvées en rond, assises sous le Viaduc, avec Laurine allongée sur Julia, Tristan en regard silencieux, assis sur un casque. Au moment même où nous avons regardé l'ensemble qu'on faisait, deux clans bien définis mais sans aucune séparation. On a toutes su, à ce moment là, qu'on allait partir avec les mêmes arguments qu'en arrivant, qu'on aurait pas réussi à recoller les morceaux, qu'on regretterait amèrement mais sans jamais en parler. Mais de toute façon, ça nous pendait au nez, non ? Depuis le temps que chacune jacasse dans le dos de l'autre, depuis le temps qu'il n'y a plus de confiance entre certains, depuis le temps que tout cela pèse sur d'autres sans qu'ils puissent en parler. Depuis qu'elles ont été réduites à ces après-midi à deux, sans que jamais personne ne leur demande où elles étaient. Il n'y a aucune date, seulement des évènements, des jours qui se sont enchaînés, des semaines qui sont passées, noyant notre joyeuse petite bande, pour en former d'autres.

Dans cette histoire, il faut bien avouer que chacune de nous a aimé le côté "Je peux enfin tout lâcher, je peux dire à machin tout ce que je lui reproche, même tout ce dont je n'ai rien à foutre, juste pour la faire chier, juste pour être sadique, vicieuse, manipulatrice, juste pour avoir le plaisir de plonger un regard froid dans ses yeux de poisson et lui dire d'une voix calme et posée, à mots couverts, que je la déteste". C'est le propre de l'homme, comme elle le dit, de blesser et d'être blessé en retour. C'est le propre de l'homme, d'aimer souffrir de temps en temps, pour avoir quelque chose à raconter, quelque chose à écrire. C'est le propre de l'homme, de trouver des prétextes pour haïr des gens, histoire de parler indéfiniment d'eux dans le noir, avec une amie allongée à côté. C'est le propre d'une femme, d'être manipulatrice, vicieuse, mesquine, c'est dans son caractère de sortir les vieux dossiers lors d'une petite engueulade qui finira comme une accusation de trahison. C'est le propre d'une femme, de faire souffrir, de souffrir en retour, et d'aimer ça.

Ca serait tellement plus simple d'être un mec. Oui mais non, c'est parce qu'on est nous, qu'on s'est retrouvées sur ce putain de dallage glacé, à regarder et écouter les voitures passer à côté, pour finir par partir d'un pas rageur, se coller dans un coin et attendre. Qu'est-ce que j'ai attendu ? Un coup de fil, une main sur mon épaule, un peu de silence, quelqu'un qui ne me dirait rien, ne me reprocherait rien, comprendrait. Parce qu'il y en a qui ont compris. Mais c'était bien plus simple de hurler au scandale, de crier au complot, de dire qu'on attendait que ça. C'était tellement, tellement plus simple. Tellement plus simple d'insulter les gens, puis de vouloir revenir vers eux en attendant qu'ils fassent un pas, tellement plus simple de sortir des mots comme "Salope" et "Pouffiasse", puis de dire "C'est pas nous qui vous avons insultées".

Il y a tellement de gens avec qui ça ne repartira pas. Un groupe d'environ sept personnes, duquel on s'est extrait en disant au revoir à deux. Une demi-heure de discussion animée, avec plusieurs personnes qui ne souhaitaient pas de réconciliation. Alors, tant pis.

Moi je suis partie, je ne reviendrais pas.

Et sur cette embrouille qui m'a coûté une
partie de ma joie de vivre du moment, pour
une "cause" que je n'ai pas comprise, je
tire ma révérence et laisse ce blog à vos
commentaires haineux. Tant pis.
#107

# Posté le mardi 01 juillet 2008 14:51

#106 - Bye bye, les gens

#106 - Bye bye, les gens









Je n'ai plus rien à vous dire.
Alors, pourquoi continuer ?



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# Posté le mardi 01 juillet 2008 05:15

#105 - ? ... ?

#105 - ? ... ?
On a commencé à trois. On a continué à dix.
On a fini à trois. Mais ce ne sont plus les mêmes
Qu'au début. J'en viens à me demander ce qui
S'est passé. Qu'est-il arrivé d'apocalyptique pour
Que je finisse par décrocher ces photos du mur,
Pour que je finisse par avoir mal en regardant
Des éléments du paysage quotidien qui me
Faisaient penser à vous. Que s'est-il passé... ?
Et demain, demain, que va-t-il se passer... ?
Oui, je suis une belle salope, menteuse, hypocrite,
Faux-cul, violente, misanthrope, sadique, oui, je
Suis tout ça. Mais pas que ça. J'en ai même
Mal au ventre, à écouter Daft Punk à la radio. J'en ai
Même mal au ventre, à entendre Daddy Cool. J'en ai
Même envie de vomir en regardant cet espace vide,
A la place des photos. Même envie de crier quand je
Relis ce "Rendez-vous à Tijuana" qu'on ne vivra pas,
Ou alors pas avec elle. Alors en regardant ce paysage
Qui me hurle que je vous aime encore, malgré tout,
Je ne suis capable de me dire qu'une chose :
Et merde. Et merde. Et merde. Et merde. Et merde.

Et merde. Et merde. Et merde. Et merde. Et merde.
Et merde. Et merde. Et merde. Et merde. Et merde.
Et merde. Et merde. Et merde. Et merde. Et merde...

# Posté le lundi 30 juin 2008 06:07

#104 - Je ne connais rien de mieux. Rien de plus beau que son sourire.

#104 - Je ne connais rien de mieux. Rien de plus beau que son sourire.
Un bol de chocolat chaud. Un petit morceau des Ogres de Barback. Pas de "bip" de conversation msn. Rien, juste moi, mes Chocapic, mon fanta. Moi, ma fenêtre ouverte sur un chant d'oiseau à s'en taper la tête contre les murs, mon lit défait, les deux assiettes de pâtes bolognaise par terre. Moi, ma convoc' sur le lit, l'annale 2008 abandonnée par terre et les bonbons sur le bureau.

Mon avenir, c'est flou, peut-être. Mais mon avenir, c'est sur Rue du Temps, c'est un blond-châtain clair fan de nouilles, c'est un gosse qui fait le poirier, c'est ces filles avec dix ans de plus, c'est un train vers Brest, un magasin Etam, une tente au bord de la mer, sur une dune, c'est une semaine à l'Ile de Batz, c'est... C'est encore nous deux, devant la casserole de pâtes, c'est encore lui, avec le gâteau, c'est encore lui, à parler de tatouage et piercing, c'est encore nous, à faire des pauses sans fin, c'est encore moi, à nous griller comme une conne, c'est Mac Gyver avec ses clefs, cannibale avec son casque...

Et oui, je pense à tout ça en bouffant des céréales, avec mes chaussettes trouées et en dansant avec Piau.

Oui. Je mange des Chocapic et je le vis plutôt bien !


C'est une rue pas très grande
Avec trois fleurs et deux oiseaux
On y vend d'la pâte aux amende
Des cacahouètes et du bordeaux
Y a un mec sur un banc
Qui c'est fait larguer par la Lise
Ca nous étonne pas vraiment
Elle change de mec comme de chemise
Elle passe et re passe le temps
Mes souvenirs et ma joie
Dans cette rue ou j'ais, tout enfant,
J'apprenait l'harmonica

Et quand le soleil se cache
Tout au fond derrière l'toit des maison
Y a des parents qui accomplissent leurs taches
Des enfant qui s'tirent à l'horizon
Y a les chien qui s'mettent à aboyer
Les vieux qui s'mettent à picoler
Et moi qui rentre dans mes cauchemars
Qui m'voie plus tard en costard
Elle passe et re passe le temps
Mes souvenirs et ma joie
Dans cette rue ou j'ai tout marmot
J'apprenait plein de gros mots

Et quant on prenaient nos bicyclettes
Qu'on faisait nos partie d'sonette
On amener la Lise dans l'square
On lui faisait montrer nos jaguar
Elles étaient pas plus grandes que ça
Faut dire c'était des majorettes
Tu fait pas de différence a cet age là
Une majorette c'est une empirette
Elle passe et re passe la temps
Mes souvenirs et ma joie
Dans cette rue déjà tout petiot
Je fait comme un malade dans mon saxo

Il n'est pas question ici
De parler d'appartenance
Car c'est bien du béton pourri
Comme dans toute les résidences
Mais j'y ai bien trop de souvenirs
Cette rue a fait mon avenir
Et c'est du meilleure jusque pire
Que je veut tous les voire mourir
Elle passe et re passe le temps
Mes souvenirs et ma joie
Dans cette rue déjà tout petiot
J'présentait les cas bielo

Paraît qu'un jours ils veulent la détruire
Mais faudra d'abord qu'ils passent sur le corps
De 250 loubard en cuire
Qui sont tous prêt à y laisser leur mort
Et moi je serait là jusqu'au dernier
Avec dans la main un pavé
Dans cette rue qui ma fait comme je suis
Un sale con mais pas un pourri
Si un jour le soleil s'éteint
Si un jour le monde s'écroule
Si un jour la terre n'est plus rien
Qu'une bande de pauvre d'homme saoul
Il restera encore cette rue
Grande si n'est debout
Ou tu sera toujours le bienvenu
Et ou je veut y creuser mon trou
Elle passe et re passe le temps
Mes souvenirs et ma joie
Dans cette rue jusqu'à la fin du temps
J'ferait encore de l'harmonica

Elle passe et re passe le temps
Mes souvenirs et ma joie
Dans cette rue qui ma fait combattant
Combattant mais contre la loi

Et passe et re passe le temps...

# Posté le mercredi 25 juin 2008 12:15

#103 - Je n'ai plus rien à dire. Trouvez vous ceci étonnant ?

#103 - Je n'ai plus rien à dire. Trouvez vous ceci étonnant ?
On va cracher nos souhaits, on va donner d'la voix !

Je connais une fille qui a écrit "Sois jeune et bats toi !" sur sa fenêtre. Je connais un gars qui vaut tout l'or du monde et qui est imbattable avec de la Chantilly. Je connais une fille qui rote comme un vrai mec. Je connais une fille qui me traite de jeunette. Je connais une fille qui colorie des carreaux en français. Je connais un gars qui a repeint son scooter en bleu power ranger. Je connais un gars qui a baissé les yeux en voyant un message sur un tableau. Je connais une fille qui se prend pour un pingouin. Je connais une fille qu'on traite d'elfe satanique. Je connais une sale brune que j'aime depuis une dizaine d'années. Je connais une belle gosse qui m'a soutenue, habillée en fille. Je connais un gars qui chiale chaque seconde du temps qui passe et qui a l'omoplate dure. Je connais un gars qui a inauguré un fumigène sur le toit de Mendès. Je connais des gens qui ont illuminé un jour mon quotidien, ils comptent tous pour moi, bien plus que je ne saurais leur dire. Je connais des gens formidables, qu'on ne rencontre que dans le trou du cul du monde, des gens qu'on ne côtoie qu'à Morlaix, des gens qui rentrent en cours en portant des tongues. Des gens qui font du ukulélé. Des gens qui collectionnent des trombones. Des gens qui grimpent aux arbres. Des gens qui badent en regardant le ciel. Des gens qu'il faut harceler pour qu'ils acceptent qu'on leur fasse un cadeau. Des gens que j'aime, et qui me manqueront.

Comme elle le dit si bien,


Il n'y aura pas d'adieu. Juste un au revoir.



Arrache moi les yeux, que je ne puisse plus voir
Arrache moi les mains, que je ne puisse toucher
Arrache moi le c½ur, que je ne puisse plus avoir peur...
Arrache moi la tête, que je ne puisse savoir
Arrache moi les oreilles, que je ne puisse t'entendre
Arrache moi...
La douleur jusqu'au bout de moi !
Arrache moi...

Ce soir, je t'aime à reculons. J'avance à reculons. J'aurais tant voulu te voir. Ce soir, je me raconte une histoire. Demain, je me demande si... Je me moque que tu ne m'ai pas regardé, tu es si jolie ce soir... Elle est pas méchante, tu sais, mais putain qu'est-ce qu'elle est chiante. Un cadeau. Un cadeau empoisonné, oui ! Des DooWap. L'apogée de l'imposture. Ca, tu vois, ça c'est le bonheur. Ou en tout cas une pure sensation de vide. Tu sais pas quoi faire, tu sais pas quoi dire, alors t'écris n'importe quoi. T'es pas d'humeur à te plaindre, pas d'humeur à t'effondrer sur ton lit, alors t'écris n'importe quoi, t'assemble des mots, et au fond, au diable, ce que ça peut vouloir dire ! Ce soir, je vadrouille. A la croisée des murmures, on a... Tu vois, bon dieu, tu vois, c'est tellement bon de ressentir le manque...
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# Posté le mardi 24 juin 2008 16:00

Modifié le mardi 24 juin 2008 16:10